Le Secrétaire d’Etat Gabriel ATTAL a reçu le 7 mai en visioconférence la députée Cathy RACON-BOUZON et Le RAMEAU, pour présenter les résultats de la mission ministérielle qu’il leur a confiée. Ils lui ont partagé l’essence du programme d’actions à engager, et remis les outils pour sensibiliser et équiper les acteurs des territoires en matière d’alliances stratégiques entre associations, entreprises et collectivités territoriales. Une urgence exprimée par 81% des Français qui appellent à « jouer collectif » pour sortir de la crise du Covid-19.

Après une démarche de co-construction ayant mobilisé près d’une centaine de contributeurs issus des différents « mondes », les travaux se sont traduits à la fois par une boussole stratégique pour donner un cap au mouvement d’alliances émergeant depuis une décennie en France, un programme d’actions systémique de 21 mesures pour répondre aux besoins des différentes parties prenantes, ainsi qu’un Kit :« l’ODD 17 en pratique » pour aider les organisations et les territoires à passer à l’action.

 

L’ambition est claire : faire du « Collective Impact » à la Française un levier stratégique pour piloter la transformation du modèle économique, social, environnemental et sociétal de la France. Cette dernière peut devenir un éclaireur de l’ODD 17, autrement dit des alliances stratégiques pour réussir les Objectifs de Développement Durable à horizon 2030. Un rêve ? Non, une réalité déjà à l’œuvre sur nos territoires…

Une réalité corroborée par les attentes des Français selon un sondage publié le jour même, réalisé par Comisis & OpinionWay pour l’Observatoire des partenariats : 81% des Français pensent que pour sortir de la crise du Covid-19, il est utile (dont 29% incontournable) de « jouer collectif » entre associations, collectivités, entreprises et initiatives citoyennes. Seuls 9% considèrent que c’est secondaire, 4% inutile et 3% contre-productif, et 3% ne se prononcent pas. Il s’agit donc là d’un enjeu stratégique.

 

Cela confirme aussi l’importance de co-construire les réponses au plus près des besoins et des acteurs. C’est ce que propose les auteurs du programme. 21 mesures valorisent et répondent aux besoins tout à la fois des acteurs de terrain, de l’ingénierie nationale et territoriale, des « pionniers » qui défrichent le chemin pour nous éclairer, et des institutions qui ont la charge de conduire la transformation nécessaire. Leur recommandation est d’initier une réponse systémique ; c’est un tout, aucune mesure seule ne peut faire bouger les lignes, mais c’est l’ensemble du programme qui le permettra.

 

Un programme d’actions systémique pour « agir ensemble »

C’est dans le contexte d’un « Collective Impact » à la Française déjà beaucoup plus incarné territorialement que nous le conscientisons collectivement qu’il convient d’inscrire un programme d’actions à la hauteur des enjeux et du potentiel d’accélération des alliances innovantes entre « mondes ».

Le cheminement collectif a inspiré 21 mesures, autour de 3 dimensions et 3 temporalités :

 

  • 7 mesures opérationnelles, aux premiers effets à 3/9 mois, qui permettent de valoriser l’existant et d’inciter à « passer à l’action » pour accélérer les alliances stratégiques,
    • La crise va être un accélérateur naturel, mais pour agir avec pertinence, il ne faudrait pas réinventer la « roue ». Il est urgent de s’appuyer sur ce qui a déjà fait ses preuves.
    1. Rendre immédiatement accessible l’existant pour agir dès à présent
    2. Favoriser la convergence entre la diversité des outils pour les organisations et les territoires
    3. Faciliter l’usage des données pour mieux cibler les priorités stratégiques
    4. Valoriser les alliances stratégiques au travers des événements de référence
    5. Organiser une démarche de dialogue actif entre les dynamiques du « jouer collectif »
    6. Articuler les complémentarités entre les acteurs de l’ingénierie nationale & territoriale, en croisant les connaissances sectorielles et territoriales
    7. Faire des ODD l’occasion d’expérimentations d’alliance en territoire pour agir concrètement là où aucun acteur ne peut répondre seul

 

  • 7 mesures stratégiques, aux effets à 6/12 mois, permettant de co-construire avec les « pionniers » des solutions à plus grande échelle, et d’être en mesure d’en évaluer les impacts avant de les déployer,
    • La maturité des coalitions déjà existantes, publiques et privées, permet d’envisager des premiers effets rapides ; même si le cœur des résultats est à attendre dans les 18 à 36 mois comme pour toute démarche stratégique agile et efficace. Une évaluation en 2022 permettra de mesurer le cheminement collectivement parcouru en 3 ans.
    1. Promouvoir et valoriser l’investissement dans l’innovation sociétale partenariale
    2. Accompagner les alliances stratégiques
    3. Structurer une réflexion partagée sur l’évaluation partenariale
    4. Inciter à un Etat exemplaire en matière d’alliances innovantes
    5. Positionner les services de l’Etat comme « médiateurs » des dynamiques d’alliances stratégiques
    6. Structurer une capacité collective de R&D partenariale pour anticiper les besoins et suivre les expérimentations innovantes
    7. Piloter une recherche-action collective sur l’hybridation des modèles socio-économiques

 

  • 7 mesures politiques, aux effets mesurables à 12/18 mois, permettant de (dé)montrer l’engagement des institutions à promouvoir une nouvelle méthode: l’ODD 17 à la Française ; autrement dit la co-construction entre acteurs riches de leurs différences.
    • Les annonces devront être suivies d’effet, pilotées et mesurées.
    1. Inscrire les « alliances stratégiques » aux agendas des instances des différents « mondes »
    2. Créer une Conférence des alliances stratégiques au service des défis communs, déclinée localement
    3. Inciter à croiser « espaces de dialogue », « compétences de catalyseurs » et « pédagogie des alliances »
    4. Expérimenter un « droit de l’alliance »
    5. Instruire l’opportunité d’un nouveau statut de « société de bien commun »
    6. Développer notre capacité collective à « apprendre à faire alliance »
    7. Inscrire les nouvelles formes d’alliance et de partenariats aux programmes de formation, de l’éducation des plus jeunes à la formation continue

 

La mise en partage des résultats et les instances de suivi du programme

La remise du rapport et de ses outils au Secrétaire d’Etat Gabriel ATTAL n’est que la première étape d’une démarche de mise en débat des résultats afin que les acteurs et les territoires s’en saisissent, et s’en fassent progressivement les ambassadeurs. Différentes étapes ont d’ores et déjà été identifiées, dont notamment la 6ème Rencontre des pionniers des alliances en territoire, le 8 juillet prochain, qui sera l’occasion de partager ces travaux avec les 350 « catalyseurs territoriaux » du Réseau.

 

Afin de suivre les avancées de la mise en place du programme d’actions, le Secrétaire d’Etat a demandé aux copilotes d’accompagner l’établissement de la « feuille de route », et de rendre compte des premiers résultats à ses côtés lors du prochain Forum National des Associations et des Fondations, le 15 octobre prochain ; là même où l’an dernier il avait lancé la mission. Affaire à suivre donc…

 

 

 

Yann ULLIAC

Directeur de l’Observatoire des partenariats

 

 

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