Le rapport de la Commission Développement économique du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (février 2026) s’inscrit dans une réflexion stratégique sur le développement de l’économie sociale et solidaire (ESS) en France. Il part du constat que, malgré un poids déjà significatif dans le tissu économique et social, les entreprises de l’ESS doivent renforcer leur capacité d’action pour répondre aux besoins croissants liés aux transitions démographiques, aux urgences écologiques et aux inégalités sociales. L’ambition de la commission est d’inscrire l’ESS non seulement dans un rôle de réparation ou de complément de l’action publique, mais comme un modèle de développement économique à part entière.
Le rapport souligne la diversité des secteurs de l’ESS, allant du réemploi solidaire au tourisme social et familial, en passant par la culture et la petite enfance. Cette diversité implique des enjeux différents selon la taille des structures, leur forme juridique, leur degré d’intégration aux politiques publiques et leur position face aux acteurs privés lucratifs. Ainsi, la commission recommande d’adapter les objectifs de développement au contexte spécifique de chaque secteur, en tenant compte des complémentarités et de la concurrence avec d’autres formes d’entreprises.
Les préconisations se déclinent en axes sectoriels et transversaux. Au niveau sectoriel, le rapport insiste sur le rôle pionnier de l’ESS dans certains segments d’activité (réemploi, tourisme social), tout en soulignant la nécessité de conserver son positionnement économique face aux acteurs privés, afin de garantir des excédents suffisants pour réinvestir dans le projet social et renforcer les capacités d’innovation. Au niveau transversal, trois priorités sont mises en avant : mieux mesurer l’utilité sociale et la contribution de l’ESS, mieux accompagner les acteurs à travers la formation, l’ingénierie et le soutien à la structuration, et mieux faire connaître l’ESS auprès des décideurs publics et du grand public.
Le financement constitue un volet central des recommandations. La commission souligne l’importance de mobiliser une diversité d’outils financiers : la finance solidaire, les banques publiques et les acteurs de la finance classique. L’objectif est de permettre aux entreprises de l’ESS de disposer de ressources suffisantes pour croître, innover et accroître leur performance sociale et environnementale.
Enfin, le rapport met en exergue la nécessité d’un accompagnement institutionnel et réglementaire flexible, qui permette aux structures de s’adapter à leur taille, à leur projet et aux besoins du territoire, tout en préservant les valeurs fondamentales de l’ESS. La commission propose ainsi des mesures combinant incitations, soutien technique et reconnaissance institutionnelle, afin de consolider le rôle stratégique de l’ESS dans l’économie française et d’assurer sa contribution durable à la société.
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