Au cours des dernières années, le mécénat de compétences s’est progressivement imposé comme un objet d’intérêt croissant en France. Cette forme spécifique de mécénat contribue au renouvellement des relations entre les secteurs public, privé et associatif, en reposant sur la mise à disposition de compétences professionnelles plutôt que sur des apports financiers, dans un contexte marqué par une incitation accrue à la diversification des ressources associatives. Toutefois, les effets de l’intervention de salariés issus d’entreprises privées au sein d’organisations d’intérêt général demeurent insuffisamment documentés et continuent de soulever des interrogations.
Conduite par l’INJEP (Mathilde RENAULT-TINACCI, chargée de recherche à l’INJEP et chercheuse associée au CERLIS-CNRS – UMR 8070) et l’IRISSO-CNRS ( Constance CHEYNEL, chercheuse associée à l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales – IRISSO – UM7170 CNRS) , cette étude vise à analyser plusieurs dimensions centrales du mécénat de compétences : les profils des associations bénéficiaires, les motivations expliquant le recours ou le non-recours à ce dispositif, les modalités de construction des partenariats, ainsi que les effets produits sur les organisations associatives. Une attention particulière est portée aux circulations entre entreprises et associations, ainsi qu’aux formes de porosité susceptibles de s’instaurer, tant dans la nature des ressources échangées que dans les modalités de ces échanges, notamment en termes de rapports de pouvoir et de pratiques partenariales.
S’appuyant sur une enquête mobilisant des méthodes qualitatives et quantitatives, les résultats mettent en évidence que le mécénat de compétences peut constituer un levier de consolidation pour les associations, en facilitant l’accès à des compétences spécialisées et en contribuant à l’élargissement de leurs réseaux partenariaux. Néanmoins, ce dispositif peut également engendrer des déséquilibres, en particulier lorsqu’il participe à des processus de (dé)professionnalisation ou à une reconfiguration des projets associatifs. Enfin, l’analyse souligne le caractère sélectif du mécénat de compétences, qui bénéficie principalement à des associations disposant de ressources organisationnelles internes conséquentes, majoritairement employeuses et dotées d’une visibilité publique accrue.
Retrouvez le rapport complet ICI
sources : https://injep.fr/
En savoir plus :
- INJEP : Les effets du mécénat de compétences sur les associations - 16 janvier 2026
- Décret n° 2025‑1191 : implications pour les associations - 16 janvier 2026
- Meilleurs voeux 2026 ! - 3 janvier 2026









