Dans une période où de nombreuses entreprises et organisations de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) sont confrontées à des difficultés sans précédent, chaque décision publique revêt une importance particulière. Fermetures d’établissements, licenciements, procédures de sauvegarde ou de liquidation : les fragilités économiques qui touchent aujourd’hui le secteur réduisent sa capacité à répondre aux besoins des territoires et à remplir ses missions d’intérêt général.

C’est dans ce contexte que l’annonce d’une réduction des crédits consacrés à l’action 4 du programme 305 avait suscité une vive inquiétude. Alors même que ces financements avaient été maintenus au niveau de 2025 lors du vote de la loi de finances, le Gouvernement envisageait leur annulation partielle, mettant en péril l’ensemble de l’écosystème d’accompagnement de l’ESS.

Ces crédits sont pourtant essentiels. Ils permettent aux Dispositifs Locaux d’Accompagnement (DLA), aux Chambres Régionales de l’Économie Sociale et Solidaire (CRESS), aux Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE) ainsi qu’aux réseaux nationaux d’exercer leurs missions d’appui, de conseil et d’accompagnement auprès des entreprises, associations, coopératives et fondations. Sans ces structures, de nombreuses organisations ne pourraient être accompagnées dans leurs projets de développement, leurs restructurations ou leur adaptation aux mutations économiques.

Les conséquences d’une telle réduction auraient été immédiates : baisse brutale et non anticipée des financements publics, remise en cause des missions d’accompagnement, interruption de nombreuses actions en cours, suppressions d’emplois au sein des structures concernées et, pour certaines d’entre elles, risque de cessation de paiement.

Ces inquiétudes étaient d’autant plus légitimes que le contexte économique demeure particulièrement préoccupant. Selon les dernières données disponibles, l’ESS a perdu 10 447 emplois au second semestre 2025, tandis que les défaillances d’entreprises atteignent un niveau record. Dans un tel environnement, fragiliser les dispositifs d’accompagnement aurait constitué un signal particulièrement négatif pour un secteur déjà sous tension.

Face à cette perspective, les acteurs de l’ESS se sont rapidement mobilisés. Ils ont exprimé leur profonde déception devant ce qu’ils considéraient comme un non-respect des engagements budgétaires pris par l’État et ont demandé solennellement le maintien des crédits votés par le Parlement dans le cadre du programme 305. Une lettre ouverte adressée au Premier ministre a recueilli près de 4 000 signatures, parmi lesquelles figuraient de très nombreux dirigeants d’entreprises de l’ESS, responsables associatifs, élus locaux, parlementaires et citoyens engagés.

Cette mobilisation collective a porté ses fruits.

Le 22 juin dernier, le ministre Serge Papin a annoncé que le Gouvernement renonçait finalement aux annulations de crédits prévues pour l’ESS au titre du programme 305. Cette décision constitue un véritable soulagement pour l’ensemble des acteurs du secteur.

ESS France a salué cette annonce et adressé ses plus sincères remerciements à l’ensemble des signataires de la lettre ouverte. Leur mobilisation rapide, unitaire et déterminée a démontré la capacité du secteur à se rassembler pour défendre les conditions indispensables à son action.

Au-delà de cette victoire budgétaire, cet épisode rappelle une réalité essentielle : l’accompagnement des entreprises et organisations de l’Économie Sociale et Solidaire n’est pas une dépense accessoire. Il constitue un investissement stratégique au service de l’emploi, de la cohésion sociale, du développement territorial et de l’intérêt général.

À l’heure où tant de structures de l’ESS doivent faire face à des difficultés économiques majeures, préserver les moyens de celles qui les accompagnent est une nécessité. Le maintien des crédits du programme 305 permet de consolider un écosystème qui soutient quotidiennement des milliers d’initiatives utiles à la société, favorise l’innovation sociale et contribue à la vitalité des territoires.

Cette décision marque une étape importante, mais elle rappelle également que la pérennité de l’Économie Sociale et Solidaire nécessite une politique publique stable, lisible et cohérente. Plus que jamais, investir dans l’ESS, c’est investir dans un modèle économique qui place l’humain, la solidarité et l’intérêt général au cœur de son action.

Lire la lettre ouverte ICI

 

source : https://www.ess-france.org

 

En savoir plus : 

Lire la lettre ouverte : https://www.ess-france.org/budget-ess-lettre-ouverte-d-ess-france-au-premier-ministre-sebastien-lecornu

 






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