Dans un contexte marqué par les réflexions engagées par l’Autorité des normes comptables en vue de préciser certaines dispositions du règlement n° 2018-06, le Haut Conseil à la vie associative s’est saisi de la question de la valorisation comptable du bénévolat. Il réaffirme, à cet égard, son attachement à une démarche fondée sur le volontariat, privilégiant une approche largement extra-comptable.

 

Le bénévolat constitue une composante essentielle du fonctionnement du secteur associatif français. En tant que ressource non monétaire, il contribue de manière déterminante à la réalisation des missions d’intérêt général portées par les associations, tout en demeurant largement invisible dans les représentations comptables traditionnelles. Cette invisibilité soulève des enjeux majeurs, tant en termes de reconnaissance de l’engagement citoyen que de fidélité de l’information financière produite par les structures associatives.

Dans cette perspective, la valorisation comptable du bénévolat vise à traduire, en équivalent monétaire, les contributions volontaires apportées par les bénévoles, en estimant le coût qu’aurait représenté le recours à une main-d’œuvre salariée pour des prestations similaires. Une telle démarche permet, en apparence, de mieux appréhender le poids économique réel du bénévolat et de renforcer la transparence financière. Toutefois, elle soulève des limites importantes, tant sur le plan méthodologique que sur le plan conceptuel.

En effet, lorsqu’elle n’est pas strictement encadrée, cette démarche comporte le risque de dénaturer l’esprit même du bénévolat. Par nature gratuit et désintéressé, l’engagement bénévole ne saurait être intégralement réduit à une équivalence financière. Toutes ses dimensions — sociales, citoyennes et symboliques — échappent en partie à toute tentative de quantification monétaire. À cet égard, certains acteurs associatifs expriment, de manière fondée, la crainte qu’une valorisation comptable excessive n’induise une lecture trop économique du bénévolat, au détriment de sa dimension altruiste et de sa portée civique. En rapprochant le bénévolat de logiques gestionnaires, notamment à travers l’utilisation d’outils d’évaluation issus du monde professionnel (taux horaire, coût de prestations équivalentes), une telle approche pourrait contribuer à banaliser son caractère désintéressé et à en altérer la perception comme acte de solidarité et de générosité.

C’est dans ce contexte que le Haut Conseil à la vie associative a rendu, le 20 avril 2026, un avis relatif à la valorisation comptable du bénévolat. Ce document s’inscrit dans une dynamique de clarification et d’encadrement des pratiques, visant à concilier les exigences de rigueur comptable avec la reconnaissance de la spécificité de l’engagement bénévole. Il propose ainsi une réflexion structurée sur les modalités de valorisation, tout en formulant des recommandations destinées à garantir une représentation fidèle et équilibrée de la réalité associative.

 

 

Consultez l’avis ICI

source : https://associations.gouv.fr

 

En savoir plus :

Lionel Prouteau, Imputer une valeur monétaire au bénévolat, une fausse bonne idée, Institut ISBL mars 2025

Pascal Glémain, De la Gestion de la « Richesse » Humaine : vers un « autre » modèle managérial du bénévolat ?, Institut ISBL mars 2021






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