Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) lance, à l’automne 2026, une Convention citoyenne consacrée aux finances publiques. Une initiative qui entend associer directement des citoyens tirés au sort à une réflexion sur les grandes trajectoires budgétaires du pays.

 

Alors que le déficit et la trajectoire des comptes publics occupent une place croissante dans le débat national, le CESE annonce le lancement d’une nouvelle Convention citoyenne sur les finances publiques. Pour la première fois, cette démarche est engagée dans le cadre d’une autosaisine du CESE.

 

150 citoyens pour réfléchir aux finances publiques

À l’automne 2026, 150 citoyennes et citoyens tirés au sort seront réunis pour travailler sur cette question particulièrement complexe.

La méthode annoncée repose sur plusieurs étapes : formation des participants, audition d’experts et de parties prenantes, confrontation des points de vue, débats et élaboration collective de propositions. L’objectif est de permettre aux citoyens de disposer du temps et des informations nécessaires pour appréhender les enjeux liés aux finances publiques et contribuer à une réflexion sur les grandes trajectoires budgétaires du pays.

Le CESE inscrit cette démarche dans le prolongement des nouvelles formes de participation citoyenne développées depuis la réforme de 2021. Il revendique ainsi une conception de la démocratie participative fondée sur l’information, la délibération et la confrontation des expériences et des expertises.

Les finances publiques : une question technique, mais aussi un choix de société

Au-delà de la seule question comptable, les finances publiques traduisent des choix collectifs : niveau et nature des prélèvements, dépenses publiques, services collectifs, politiques sociales, soutien aux territoires ou encore financement des initiatives de la société civile.

À ce titre, la démarche du CESE présente un intérêt particulier pour les associations, fondations et acteurs de l’économie sociale et solidaire, dont l’activité est étroitement liée aux politiques publiques et à leurs modalités de financement.

Subventions, appels à projets, conventions pluriannuelles d’objectifs, financement de l’accompagnement social ou médico-social, soutien à la vie associative, politiques territoriales : les choix budgétaires ont des conséquences très concrètes sur la capacité des organismes sans but lucratif à remplir leurs missions d’intérêt général.

La réflexion sur les finances publiques ne peut donc être totalement dissociée de celle portant sur la place respective de l’État, des collectivités territoriales, du marché et de la société civile dans la réponse aux besoins collectifs.

 

Quelle place pour la société civile organisée ?

La Convention citoyenne pose également, en creux, une question qui intéresse directement le monde associatif : comment articuler participation citoyenne et représentation des corps intermédiaires ?

Les associations et organisations de l’ESS disposent en effet d’une expertise issue de leur expérience de terrain, de leur connaissance des besoins sociaux et de leur capacité à faire remonter les attentes des populations et des territoires.

La participation de citoyens tirés au sort et l’expertise des organisations représentatives ne répondent pas aux mêmes logiques. Elles peuvent néanmoins être complémentaires : l’une apporte une diversité d’expériences individuelles et une capacité de délibération collective ; l’autre s’appuie sur une connaissance plus structurée des réalités économiques, sociales et territoriales.

C’est précisément cette articulation entre démocratie participative, expertise et représentation de la société civile qui mérite d’être observée dans le cadre de cette nouvelle Convention.

Une expérience à suivre

Avec cette Convention citoyenne, le CESE choisit de soumettre une question particulièrement sensible et complexe à un dispositif de délibération citoyenne.

L’expérience sera donc intéressante à suivre, non seulement pour ses conclusions sur les finances publiques, mais également pour ce qu’elle dira de la capacité de la démocratie participative à contribuer à des débats traditionnellement considérés comme relevant principalement de l’expertise économique et budgétaire.

Pour les acteurs associatifs et de l’ESS, l’enjeu sera également de voir comment seront prises en compte, dans cette réflexion, les réalités du financement de l’action collective et la contribution de la société civile à la mise en œuvre des politiques publiques.

La Convention citoyenne sur les finances publiques pourrait ainsi constituer un nouveau point d’observation des relations entre citoyens, pouvoirs publics et société civile organisée.

 

 

 

En savoir plus :

CESE, « Le CESE lance une Convention citoyenne sur les finances publiques », 8 septembre 2026.

 






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