Le bilan de mandat de Claire Hédon, publié le 25 juin 2026, mérite d’être lu avec attention. Au terme de six années à la tête du Défenseur des droits, elle dresse un constat préoccupant sur l’état des droits et libertés en France.

 

Si le rapport ne consacre pas de chapitre spécifique à la liberté associative, son importance transparaît à chaque page. Une évidence s’impose : sans associations libres, indépendantes et reconnues, l’accès effectif aux droits devient largement théorique pour les personnes les plus vulnérables.

Le rapport rappelle que 112 associations participent aux comités d’entente du Défenseur des droits. Elles rendent visibles des réalités que les institutions ne perçoivent pas toujours : discriminations, précarité, handicap, atteintes aux droits des enfants, des personnes âgées, des personnes LGBTI, des personnes migrantes ou encore des gens du voyage.

Ces associations ne sont pas de simples opérateurs chargés de mettre en œuvre des politiques publiques. Elles constituent de véritables vigies démocratiques. Elles transforment des situations individuelles en constats collectifs, documentent les atteintes aux droits et permettent à des personnes souvent éloignées des institutions d’accéder à l’information, de faire valoir leurs droits et d’exercer des recours.

Le rapport en apporte plusieurs illustrations concrètes : sur le littoral Nord, les associations facilitent la saisine du Défenseur des droits par les personnes migrantes ; auprès des gens du voyage, un travail coconstruit avec elles a permis d’améliorer l’accès à l’information et de renforcer les réclamations ; en matière de discriminations algorithmiques, ce sont encore les associations qui jouent un rôle d’alerte essentiel.

La liberté associative ne se résume donc pas à la possibilité de créer une association. Elle implique aussi la liberté d’agir, d’accompagner, d’interpeller, de documenter et, lorsque c’est nécessaire, de critiquer l’action publique.

C’est un enjeu majeur pour l’État de droit. Lorsqu’une distribution alimentaire est empêchée, lorsqu’une action de solidarité envers des personnes migrantes est entravée ou lorsqu’un local associatif fait l’objet de contrôles insuffisamment encadrés, ce ne sont pas seulement les associations qui sont fragilisées : ce sont les personnes qu’elles accompagnent qui perdent un soutien indispensable.

Le message du rapport est clair :

  • Protéger les droits, c’est aussi protéger celles et ceux qui permettent leur accès effectif.
  •  Défendre les libertés associatives, c’est défendre, très concrètement, l’État de droit.

Plus largement, Claire Hédon quitte ses fonctions en lançant une alerte : montée des discriminations, affaiblissement de la liberté de manifester, dégradation de la confiance entre la police et la population… autant de signaux qui témoignent d’une fragilisation préoccupante de notre État de droit.

Un rapport essentiel à lire et à partager ICI

 

 

source : www.defenseurdesdroits.fr

 

En savoir plus :

ESS 2027 : ne pas subir la simplification, s’armer politiquement !, Colas Amblard éditorial, juin 2026

Noëline Roche, Libertés associatives : le contrat d’engagement républicain ne peut sanctionner la désobéissance civile, Institut ISBL juin 2026

Thomas Chevallier, Derrière les défaites judiciaires du Contrat d’engagement républicain, la persistance d’une conception princière de la subvention, Institut ISBL juin 2026

Jean-Louis Cabrespines : « Dangers sur les libertés associatives », Institut ISBL juin 2026

Colas Amblard :  » Du « séparatisme » à « l’entrisme » : l’offensive contre les libertés associatives se poursuit et se radicalise « , Institut ISBL avril 2026

 






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